lundi 15 juillet 2013

dimanche 14 juillet 2013




Au nord-ouest du Vietnam, et au pied du mont Fansipan, le plus haut du pays, se trouve Sapa. Construit en altitude, la ville a véritablement la tête dans les nuages. Alors il faut être chanceux ou disposer du temps pour espérer admirer les magnifiques rizières en cascades qui l'entourent. Toutefois, de la brume surgit parfois quelque chose, quelqu'un.




















Les Dao, minorité ethnique vietnamienne.
Aux alentours de Sapa, Vietnam, janvier 2013.




samedi 13 juillet 2013



Le Vietnam marche au vert. Non, le pays ne s'est pas soudainement converti à l'économie durable, il n'en a pas les moyens. A terme, elle est pourtant une nécessité vitale, ainsi que l'explique Jared Diamond, biologiste pessimiste respecté, dont le travail historique se concentre sur la démonstration de l'existence d'un lien entre la disparition des civilisations - celle de l'Ile de Pâques en est un exemple - et leur impact sur l'environnement.   
Mais là n'est pas la question. Oui, le Vietnam est l'un des plus grands producteurs de riz au monde. Alors, un temps, lorsque le grain arrive à maturité, ses campagnes sont vertes, d'un vert éclatant. 
Dans une région largement rurale, ces petites cités lacustres sont le théâtre d'un labeur quotidien. On peut y observer des formes courbées, partant de tous les côtés mais souvent alignées, sur lesquelles se dresse un chapeau pointu, turlututu. 

















































Vert rustique. 
Aux alentours de Hôi An, Vietnam, janvier 2013.

mardi 16 avril 2013







Les buildings, la nuit, Singapour.
Quartier des affaires, Singapour, février 2013.




Le contraste est saisissant, surprenant. 
Singapour fait partie intégrante de l'Asie du Sud-Est tout en étant un symbole puissant de modernité. Dans une région en développement, la cité-Etat, surnommée "la Suisse de l'Asie", a  véritablement l'allure d'une ville occidentale. Mieux encore, imprégnée par la volonté d'une démarcation, voir d'une séparation, elle en vient à être un endroit inédit. Poussée par une réussite économique indéniable, elle tend à apparaître comme un lieu clos. Certes, il s'agit de l'un des plus importants ports, l'une des plus grandes places financières au monde, attirant ainsi un très grand nombre de millionnaires. Mais cet essor économique ne saurait masquer un constat, une impression, celle d'une ville parfaite, trop parfaite. La ville, prospère, est minutieusement organisée, d'une extrême propreté,  et au sein de laquelle le taux de délinquance est quasi nul. Tout semble à sa place, tout semble prévu, calculé, pensé. Des milliers de caméras sont là pour observer et vérifier que cet ordre, strictement établi, est respecté. Si l'on ajoute à cela la peur omniprésente du terrorisme marquée par l'incitation à la délation, c'est à dire au repli sur soi, surgit alors l'écho populaire mais bien réel des pages du roman de Georges Orwell, 1984. Un mode de vie qui peut aussi éventuellement faire allusion au film The Truman Show de Peter Weir. Le personnage principal, incarné par Jim Carrey, est, depuis toujours, la cible d'une émission de télé-réalité. Le monde qui l'entoure, ce qu'il croit être la réalité n'est en fait qu'un immense plateau de tournage, dont la maxime serait, s'il fallait en choisir une, "le meilleur des mondes possibles". Cette vie, sûre et tranquille, a un prix: l'autorité, au détriment de la liberté. La censure de la presse est le symbole de cette substitution. Pour cette raison, certains parlent de démocratie autoritaire, expression antithétique et donc insensée. Le principe humaniste, s'il existe, de manière plus ou moins évidente, en prend un coup, dès lors que l'on en vient parfois à se demander si l'interdiction prime sur l'autorisation, si tout ce qui n'est pas interdit est autorisé, par opposition à la logique dictatoriale qui voudrait que tout ce qui n'est pas autorisé est interdit. Ainsi, les interdictions, souvent en rapport avec la vie quotidienne, sont nombreuses. Il ne faut pas boire ni manger dans le métro, il ne faut pas être homosexuel, il ne faut pas cracher par terre. Il ne faut pas vendre ni jeter de chewing-gum, il ne faut pas se mettre en grève. Les zones où il est interdit de fumer si nombreuses qu'il devient difficile de déterminer avec certitude celles qui l'autorisent. Parallèlement, à chacune des ces illustrations correspond une lourde punition. De même, les châtiments corporels et la peine de mort sont choses assez courantes, notamment en raison d'une lutte sévère contre le trafic de drogue. 


Mais parce qu'il faut arrêter de cracher sur la ville, il est temps de dresser un autre constat tout aussi frappant. Little India, Chinatown, Mosque Street... Ces noms de quartiers, de rues, tiennent à rappeler que la cité a favorisé une importante mixité culturelle. Véritable melting-pot, elle est la preuve nouvelle qu'une coexistence des peuples, des cultures, est possible et bénéfique. Ici, "Le Choc des civilisations" à la dimension conflictuelle, prédit par Samuel Huntington, semble ne pas avoir eu lieu.


























La recherche d'une identité a cela de mauvais qu'elle amène à l'uniformisation du genre humain et au rejet de la différence. Ce n'est pas sans rappeler le débat entretenu par la droite et l'extrême droite française sur l'identité nationale, dont les seuls résultats sont l'incitation au repli sur soi et la démonstration d'un certain nombre d'erreurs. 
Qu'est-ce qu'une Nation, se demandait Ernest Renan?
Pour répondre à cette question, essentielle, il faut d'abord chercher à savoir ce qu'elle n'est pas.
D'où ne provient pas le droit national? 
Il ne provient pas de la race. Au principe des nations, symbole d'unité, on substitue parfois, à tort, celui de l'ethnographie, qui divise. Pour affirmer une telle chose, il faut remonter dans l'Histoire. L'Empire romain, dont est issue la France, est constitué d'agglomérations de grandes villes, de multiples provinces véritablement différentes. Par la suite, l'Empire de Charlemagne s'inscrit dans cette continuité: il est un Empire unique renfermant les races les plus diverses. A sa chute, le découpage issu du Traité de Verdun ne se fait absolument pas en fonction des races existantes. Il devient alors mensonger de prétendre que la politique capétienne se soucie des races. Le Royaume parvient à regrouper les territoires de l'ancienne Gaule, mais il s'agit de provinces indépendantes les unes des autres ne se souvenant plus d'une origine commune. L'idée d'une identité gauloise n'est alors que pure affabulation, toute conscience gauloise ayant péri dès le IIème siècle. Ainsi les nations modernes se caractérisent par leur diversité culturelle. Il en va ainsi de la France, à la fois celtique, ibérique et germanique ou de l'Allemagne, dans laquelle il n'existe aucune race germanique pure. D'ailleurs, ce dernier concept n'existe pas sur le plan historique. Ernest Renan affirme que "l'Anglais est bien un type dans l'ensemble de l'humanité. Or le type de ce qu'on appelle très improprement la race anglo-saxonne n'est ni le breton du temps de César, ni l'Anglo-saxon de Hengist, ni le danois de Knut, ni le Normand de Guillaume le Conquérant mais la résultante de tout cela".
Enfin, le christianisme, pourtant largement présent dans les courants de la droite politique, tend en ce sens de part son caractère absolu et universel -l'ancien président du Vénézuela, Hugo Chavez, dira d'ailleurs de Jésus-Christ qu'il était le premier des socialistes-.
Le droit national ne provient pas non plus de la langue. Elle n'est pas la condition sine qua non de l'existence de la nation. En Suisse par exemple, trois langues sont parlées. Il est aussi nécessaire de démentir l'idée selon laquelle les langues sont signes de races car elle est fausse. La preuve en est que le peuple prussien a vu l'allemand remplacer le slave. Non, les langues sont avant tout des formations historiques.
Ni de la religion. Alors que les religions d'Etat entretenaient des masses croyant de manière uniforme -la religion d'Athènes se définit ainsi par le culte d'Athènes; celui qui ne suivait pas les rites qu'elle imposait ne pouvait être considéré comme citoyen de la Cité- la théologie dogmatique fait de la croyance religieuse une affaire reposant sur le principe de liberté. Croire ou ne pas croire, à vous de choisir. Alors, la religion, affaire privée, devient chose individuelle.
La géographie, si elle a joué un rôle important dans la division des nations, n'a pas créé le droit national. Une carte ne saurait imposer les limites d'une nation, qui est à la fois corps et âme. L'idée est trop arbitraire pour qu'elle en soit à l'origine.
Ainsi, à partir de ce qu'elle n'est pas, il est possible d'envisager ce qu'est une nation. Celle ci est avant tout une conscience morale. C'est l'affaire d'un peuple dans lequel l'homme, affranchi de toute chose, est au centre. Car ce qui caractérise aujourd'hui les différents Etats de l'Europe occidental, c'est la fusion des populations qui les composent. A la naissance de la France il faut associer l'imperceptible minorité de francs existante.  Sur ce plan, il faut préférer à l'idée d'une culture nationale celle de culture humaine.  Alors l'individu abdique au profit d'une communauté. Possédant un riche legs de souvenirs, hérités d'une construction historique, elle repose aussi sur le consentement actuel, le désir de vivre ensemble sur un territoire unifié, mais non-figé, tout en éprouvant la volonté de rappeler un passé qui doit servir l'évolution en cours de notre société. L'Histoire a cela de beau et d'utile qu'elle permet de comprendre le présent en se tournant vers le passé. Celle ci nous apprend que la nation prime sur l'identité nationale.
Il faut distinguer l'identité nationale de l'identité individuelle. La construction d'une identité est absolument indispensable au développement de l'individu, terme, fruit du libéralisme, qui doit être pris au sens strict, c'est à dire l'être unique, libre et indépendant. Une indépendance limitée par l'influence nécessaire et essentielle de l'autre, de l'environnement qui l'entoure. Il est alors préférable d'employer le terme de personne. La notion tribale d'ubuntu illustre sa dimension sociale. Décrite par Nelson Mandela,  on peut la traduire par "je suis parce que nous sommes". Ainsi, l'identité est aussi le fruit d'autrui, Cet élément hors de soi participe largement à la construction du moi. Bref, l'identité s'inspire et s'abreuve de la différence. Une nouvelle fois,  du choc des cultures résulte l'idée d'un combat, d'un affrontement entre deux ou plusieurs cultures en vue d'une quelconque domination. Il serait peut être judicieux d'inverser la conception de la chose, un choc de cultures pouvant produire une énergie positive. L'amour en est une belle illustration. Alain Badiou, dans son Eloge de l'amour, affirme de manière très juste l'importance de la différence, notion qui emporte celle de partage et faisant alors du couple, pour reprendre les mots de Spinoza, "un individu deux fois plus puissant que chacun pris séparément".


jeudi 21 mars 2013







La porte d'un tombeau.
Mausolée de l'empereur Tu Duc (1847-1883), de la dynastie des Nguyen, Hanoï, Vietnam, janvier 2012.




 




 

L'alcoolique Capitaine Haddock.
Quartier chinois, Singapour, février 2013.
 






Coiffeur de rue,
Hanoï, Vietnam, janvier 2013.

mardi 19 mars 2013



 
 

 
 
 
 
 
 


Un village, aux abords d'une forêt, isolé. La cabane est en bois, l'unique pièce, commune. Le regard sur le monde extérieur ne peut exister que par un entremetteur, la télévision. Elle choisit ce qu'elle veut montrer, le regard est imposé. La petite fille assiste à un défilé de haute-couture.
Un gouffre les séparent, c'est à n'y rien comprendre.
 

Autour du plateau des Boloven, Laos, décembre 2012.
 
 





                                  "L'Adieu de la Nation offert au Roi bien-aimé". Tel est le titre choisit par le Cambodia Daily en cette fin de deuil national. Car c'est le pays tout entier qui s'est déplacé dans le centre de la capitale, afin de prier et rendre hommage une dernière fois à ce Roi-Père. Des habitants de toutes les provinces ont fait le déplacement, et certains sont même là depuis plusieurs mois, en deuil. Il y a peut être lieu de parler de culte de personnalité, tant l'adulation est grande et résistante. Et puis parce que Norodom Sihanouk a abdiqué depuis près de dix ans déjà, et depuis lors, il vivait la plupart du temps et pour des raisons de santé, à Pékin. Enfin, le pays ne se porte pas très bien, tant au niveau économique que social.
Ainsi, la surprise est grande lorsque l'on débarque dans un centre envahi par une foule noire et blanche, qui mêle jeunes et vieux, brandissant portraits en tout genre et parés pour la plupart de pin's à l'éfigie de leur roi. Mais il y a une raison à cet amour éternel: N. Sihanouk est le père de l'indépendance du Cambodge. En 1953, c'est à dire à la fin de la guerre d'Indochine, il libère le peuple de la colonisation française afin que le Royaume retrouve sa pleine souveraineté.
Ainsi, de nombreux représentants étatiques furent conviés dans l'enceinte du Palais royal pour assister à la crémation. Etait d'ailleurs présent le premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui eut un entretien avec Norodom Sihamoni, fils du défunt à présent roi et donc  maître d'une monarchie constitutionnelle. A ceci près que le premier ministre est devenu l'homme le plus puissant, le dirigeant, détenant le pouvoir exécutif et partageant le pouvoir législatif avec le Parlement. Présent, par l'intermédiaire de ses services, dans toutes les instances nationales, le premier ministre Hun-Sen a quelque peu l'allure d'un dictateur. L'interdiction de toute manifestation par peur d'une quelconque rébellion en est une illustration. Et ce d'autant plus qu'il est accusé de complaisance à l'égard des Khmers Rouges. Voilà un homme qui semble n'avoir que bien peu d'empathie pour son peuple. Jean-Paul Sartre affirme être "tout un homme, fait de tous les hommes, et qui les vaut tous, et qui vaut n'importe qui". Cela vaut pour lui comme pour n'importe quel autre. Cette forme de réalisation de la condition humaine, dans son aspect radical, est ici ignorée.












































Célébration de la mort de l'ancien roi Sihanouk.
Phnom Penh, Cambodge, février 2013.

 
                                 Fait écho à cette citation une bribe de conversation entre Madeleine Gobeil, professeur à l'université Carleton, et Jean-Paul Sartre lui même, à propos du tribunal Russell, dont il a accepté le siège de président. A la question: "qui êtes vous pour juger?", l'intellectuel répond: "n'importe qui". Car il appartient à chacun d'apprécier, au regard de lois internationales existantes, une politique gouvernementale qui les concernent. Dans une moindre mesure, car la position est plus de l'ordre moral que politique et sociale, cela est aussi vrai en ce qui concerne la politique menée par les Khmers Rouges de Pol Pot de 1975 à 1979, période du génocide, et plus largement jusqu'en 1998, année marquant la fin de la guerre civile qui s'ensuivit, le démantèlement des structures politiques et économiques des Khmers Rouges.
La révolution communiste khmère est lançée sous le régime politique du Kampuchéa démocratique, alors même qu'il n'avait rien de démocratique. Sa mise en place est facilitée par les innombrables bombardements américains de part et d'autre de la frontière avec le Vietnam, une part significative de cambodgiens rejoignant le mouvement à leur suite. De 1954 à 1960, les Etats-Unis ont mis en place à Saïgon un régime terroriste de style latino-américain. A cela s'ensuit une intervention directe. La guerre du Vietnam devient la conséquence nécessaire de l'impérialisme. Le Viêt-nam du Sud a été saccagé et le conflit a par la suite débordé sur les régions alentours. Au Cambodge, l'atrocité des bombardements, hasardeux, est contraire à l'éthique démocratique sans cesse prônée par la première puissance mondiale. Si, comme le philosophe Noam Chomsky, l'on reprend la définition de l'hypocrite dans les Evangiles, à savoir toute personne qui refuse de s'imposer les principes qu'elle impose aux autres, alors il est raisonnable de conclure que la démocratie américaine est hypocrite. 
Ainsi, durant cette période, plus de 20% de la population disparait. Chassant le roi Lon Nol du pouvoir dans un climat de guerre civile, les Khmers Rouges se lancent très rapidement à l'assaut de la capitale. C'est le début de la grande évacuation de Phnom Penh. En l'espace de quelques heures, la ville se meut en fantôme. Le but est d'éviter une quelconque rébellion urbaine. Alors commence le temps des grandes purges, le temps d'une collectivisation féroce, le temps des massacres raciaux. Sont par exemple perçus comme des ennemis les personnes d'origine vietnamienne, ou même  ceux à "l'esprit vietnamien dans un corps khmer". Nombreux sont ceux qui périront en 1978, année de l'invasion du Cambodge par le Vietnam, avant que ces derniers ne démentèlent l'ensemble de la structure khmère. Le Cambodge louchait sur la Cochinchine.

En 2001, c'est à dire plus de vingt ans après la fin du génocide, le procès des principaux leaders ou grandes figures du régime commence enfin, et ce grâce à la mise en place d'un nouveau tribunal: les chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens. Difficile à créer en raison d'une justice cambodgienne fragile, le pays a du travailler avec l'ONU qui a fini par apporter un soutien total au déroulement du procès, d'ordre international.
Ainsi, en 2009 avait pu être reconnu coupable Kaing Guek Eav, plus connu sous le nom de Duch. Il était le directeur du fameux centre pénitentiaire S-21, que l'on peut qualifier sans se tromper de camp d'extermination. Dans cette ancienne école, plus 20 000 personnes de tous âges et soupçonnées -souvent de manière fantaisite- de saboter la révolution y ont été torturées avant d'être froidement exécutées et jetées dans des fosses à l'extérieur de la ville, endroit que l'on appelle aujourd'hui les "killing fields". Ainsi, le principal responsable a été reconnu coupable de crimes contre l'Humanité ainsi que d'infractions graves aux Conventions de Genève de 1949, qui interdit par exemple la torture et définit l'obligation de traiter humainement les prisonniers. A ce titre, la sentence correspondant à ces crimes tombant dans le domaine du droit international est l'emprisonnement à perpétuité. Il faut savoir que la peine de mort a été abolie en 1989.











"S21, la machine de mort Khmère rouge".
Phnom Penh,  Cambodge, février 2013.




La seconde phase du procès des Khmers Rouges met sous le coup de l'accusation les trois têtes du régime polpotien: Nuon Chea, président de l'Assemblée du Kampuchéa démocratique, Khieu Samphan, chef d'Etat du Kampuchéa démocratique, et enfin Ieng Sary, vice-Premier ministre et ministre des affaires étrangères. Accusés des mêmes crimes que l'ancien bourreau et désormais condamné, ils doivent en plus répondre de l'accusation de génocide, notamment contre les Chams musulmans et la population vietnamienne du Cambodge.
Malheureusement, le procès ne se déroule pas de la meilleure des façons. Avant tout pour des raisons financières; fonctionnant grâce à des contributions volontaires, le plus important donnateur, à savoir le Japon, est devenu moins généreux que par le passé. De facto, le nombre de séances par semaine diminue et celles ci sont écourtées. Par ailleurs, le procès doit tenir compte de la mixture juridique composée des systèmes national et international. Une tâche qui n'est pas facilitée par les avocats des parties civiles, fragiles. C'est justement parce-que leurs clients sont vieux et malades qu'ils tentent de retarder l'échéance. Ainsi, lors d'une visite au tribunal, les spectateurs ont pu constaté que Ieng Sary avait été dispensé de sa présence, pour préférer l'hôpital (il est aujourd'hui décédé). Ainsi, nombreux sont ceux à espérer que justice soir faite avant qu'il ne soit trop tard, le jugement de l'homme étant plus sûr que celui du ciel.

A commencer par les victimes. Poussées sur le devant d'une scène tragique, elles ont, en tant qu'actrices, la possibilité de témoigner, de raconter la vérité. Et justement, la vérité (ou ce qui s'en rapproche le plus), bien souvent faussement présentée, ne se limite pas à des chiffres -le nombre de morts par exemple-, à une enchaînement brutal des faits, pris dans leur aspect purement historique sans tenir compte de la dimension humaine du conflit. Et pourtant, c'est ce qui rend l'évènement réel, à l'homme sa prise de conscience. L'histoire collective doit tenir compte de l'histoire à hauteur d'homme. Un constat juste, tenu par une victime devenue cinéaste: Rithy Panh. Car c'est aussi dans les destins individuels qu'apparait la réalité du conflit, ou du moins une dimension nouvelle et nécessaire, à savoir la dimension humaine. Selon le réalisateur, il faut notamment retenir de ce conflit un surgissement: l'idée de resistance. Celle-ci, au départ d'ordre individuel, devient un mouvement collectif -et c'est là un exemple témoignant de l'importance de l'échelle humaine dans l'histoire-. Car le régime de Pol Pot était teinté de darwinisme. Les travailleurs étant privés de tout, les plus faibles devaient être éliminés. Le droit à la vie appartenait aux plus forts, alors considérés comme l'élite de la révolution. "Pourquoi enseigne t-on la morale et la religion, mais pas la résitance?" se demande Rithy Panh. Et pourtant, c'est dans ces moments de résistance que la conscience humaine surgit. Et il ne s'agit pas seulement de la bataille contre la mort, mais en réalité de la lutte pour l'existence. Se battre pour avoir le choix, puissant symbole de liberté. Ainsi pourrait-on résumer: "le propre de l'humain est justement sa capacité à faire un choix, y compris au prix de sa vie". Paradoxalement, cela vaut aussi lorsque la vie n'est plus, et en cela la résistance donne l'espèrance. "La vie est morte, vive la vie", écrira l'homme au dos d'une photo de lui prise dans un camp de réfugiés en Thaïlande.

Résister, c'est vivre. Vivre, c'est résister.







lundi 11 mars 2013

 
 


Sur l'île de Ko Phangan, Thaïlande, février 2013.

















L'envolée,
Sur la Baie d'Ha Long terrestre, Vietnam, janvier 2013.











Le grand chaperon rouge,
Aux environs d'Attapeu, Laos, décembre 2012. 






L'école est finie, on rentre à la maison.
Aux environs d'Attapeu, Laos, décembre 2012.
 





Un morceau de la "Crazy House",
 Dalat, Vietnam, novembre 2012.
 
Pensée par l'architecte vietnamienne Dang Viet Nga, la "Crazy House" porte bien son nom. Folle par ses formes, non-rectilignes, ses matériaux, organiques, mais surtout par l'impression qu'elle dégage: un sentiment d'étrangeté, d'incompréhension et de bien-être. A l'extérieur, tout semble confus quand ce n'est pas perturbant, car des formes connues, imaginées ou réelles, apparaissent de temps à autre. A l'intérieur, le calme et la sérénité règnent en maîtres, les chambres ressemblant à de petites grottes véritablement douillettes. A l'allure surréaliste, sa place n'est pas tant dans notre monde que dans celui d'un conte de fée. Nombreux d'ailleurs sont ceux qui y ont fait un rapprochement avec le travail de Salvador Dali, peintre-roi de la révolte par l'art comique, l'absurde, l'imaginaire.



 

 
 
 
 
 
L'îlot de la Tortue,
Sur le lac Hoan Kiem, Hanoï, Vietnam, janvier 2013.

samedi 9 mars 2013


Attention, passage d'éléphants.
Sur l'ïle de Ko Pha Ngan, Thaïlande, février 2013.

jeudi 7 mars 2013

mercredi 6 mars 2013

 
 
 
La Baie d'Ha Long, ces innombrables petites îles mystérieuses, forcent la contemplation et poussent à l'imagination. Au rythme de la navigation, le voile brumeux se retire un peu plus au loin mais demeure toujours. Etrange guide. Le bruit du silence glisse indéfiniment entre les roches inconnues ainsi que sur la surface d'une mer seulement déchirée par le navire étranger. De ça et là, un mât surgit de celle-ci. Ces cailloux tranchants, figés, ont arrêté le temps là aussi. Mais l'avancée du jour joue avec les couleurs du décor et remet les pendules à l'heure.  L'horizon n'est plus qu'une supposition. Rien n'est plus, tout se devine. "C'est fini, c'est fini. C'est fini: tout commence" aurait dit Simone de Beauvoir.
 
 
 




  
  
 
 
 
Vues sur la Baie D'Ha Long, Vietnam, janvier 2013.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La Baie d'Ha Long, Vietnam, janvier 2013.