A priori, il est normal de penser que la ville de Vietiane, située dans la partie nord du Laos, parce qu'elle jouit du statut de capitale et par contraste avec le reste du territoire, se devait d'être assez agitée et organisée. Mais surtout, son développement est brutal. D'ailleurs, elle vient tout juste d'accueillir le neuvième sommet euro-asiatique dont le thème était: "Amis pour la paix, partenaires pour la prospérité". Une alliance voulue par M. Von Rompuy, le président du Conseil de l'UE, et M. Barroso, le président de la commission européenne, qui affirmaient, et à raison, que "l'Europe, l'Asie et le monde ont considérablement changé". Et plus précisément, ajoutèrent ils, "les nations asiatiques sont devenues des acteurs économiques de poids". Le Laos n'est pas une exception et suit l'exemple de son voisin vietnamien en se prétant au jeu de la mondialisation. La masse d'investissement chinois au sein de la ville tend d'ailleurs en ce sens.
Pourtant, à posteriori, et en tant que spectateur, Vientiane ne montre rien de ce virage et semble plutôt bien las. Nul essor économique n'est perçu tandis que du simple point de vue esthétique, les bâtiments ne recèlent pas vraiment de charme, contrairement au reste du pays, alors que les rues plantées au milieu, vides et silencieuses, offrent un cadre parfait aux cowboys qui voufraient règler leurs comptes. Le soir seulement, la ville reprend vie, fragilement.
Vientiane, Laos, décembre 2012.
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