Aucune route ne mène jusqu'à cette petite île perdue dans les montagnes à la végétation luxuriante.
L'autarcie est une nouvelle fois de mise et semble acceptée, si ce n'est appréciée. C'est pourquoi beaucoup d'hommes se font ici chasseurs. Chaque village dispose d'un morceau de territoire aux contours bien définis. L'un peut bénéficier de l'ubac par exemple, à savoir le versant nord, tandis que l'autre profitera de l'adret, versant ensolleillé.
De façon évidente, la chasse ne saurait être, dans ce genre de contrées éloignées, un simple loisir, ou même une passion, telle qu'on peut la concevoir dans certains contes de la bécasse de Maupassant, mais bien un véritable moyen de vivre. La pratique est donc traditionnelle. Le fin fusil, en bois et d'une longueur presque infinie, est chargé comme au bon vieux temps, grâce à de la poudre artisanale, accompagnée d'une bille de plomb. Ajusté tranquillement dans le prolongement de l'oeil, séparant l'homme de l'animal, l'arme est souvent l'auteur d'une déflagration assourdissante qui, résonnant dans le pan de la vallée, vient rappeler des temps plus anciens, presque oubliés.
Face à face avec un chasseur laotien.
Muang Ngoi, Laos, janvier 2013.
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