L'idée était de prendre en photo la ruelle, de tout son long. Et puis cet engin et son propriétaire se sont posés devant l'appareil. Rien d'extraordinaire, ils sont plutôt nombreux dans la ville à promèner le touriste paresseux. Souvent celui ci regarde passivement les choses, il ne fait pas partie de la scène, n'est qu'un spectateur éloigné. Car bien installé au fond de son fauteuil, comme s'il était devant sa télévision, il ne fait que passer, prend quelques photos sans même s'arrêter et puis il zappe, change de chaine, c'est dire qu'il repart aussitôt, sans n'avoir rien vu. Si ce n'est pas toujours vrai, il reste que la vue de ces véhicules en donne la nette impression. En effet, l'homme, à l'arrière, pédale, afin de faire avancer le gros fauteuil, positionné à l'avant de l'engin. Alors sans ne rien faire et usant même d'un peu de force de son pousseur, le touriste, en position dominante, se fait véritablement déposer, sans qu'il n'y soit pour rien, devant tel ou tel paysage. Vestige colonial, ce mode de transport était le privilège des européens.
| Le cyclo-pousse, Hué, Vietam, octore2012. |
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